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Succession en Corse : l'exonération sur les immeubles jusqu'en 2037, et ce qu'elle change pour transmettre une entreprise

Immeubles corses titrés : moitié des droits de succession exonérée jusqu'au 31 décembre 2037. L'article 1135 bis, ses limites, et l'entreprise familiale.

Par Robert Menasse ·

Succession en Corse : l'exonération sur les immeubles jusqu'en 2037, et ce qu'elle change pour transmettre une entreprise
Réponse courte. Pour les successions ouvertes jusqu'au 31 décembre 2037, les immeubles et droits immobiliers situés en Corse sont exonérés de droits de succession à hauteur de la moitié de leur valeur ; à partir du 1er janvier 2038, ils seront taxés comme partout en France. L'exonération vise les biens dont la propriété est établie par un acte publié — pour les biens non titrés, des attestations notariées doivent être publiées dans les vingt-quatre mois du décès. Elle ne concerne ni les donations ni les parts de sociétés : c'est l'article 1135 bis du Code général des impôts.

On l'appelle encore « le régime Miot », du nom de l'arrêté de 1801 qui a longtemps mis les successions corses à part. Le droit actuel est plus simple et plus daté que la légende : un texte, l'article 1135 bis du Code général des impôts, une exonération qui a été totale, qui est aujourd'hui de moitié, et qui a une date de fin. Voici ce qu'il dit, vérifié dans sa version en vigueur, et ce qu'il change quand une entreprise familiale est en jeu.

Ce que le texte prévoit, période par période

La date qui compte est celle du décès, pas celle du règlement de la succession. Et l'exonération est un abattement sur la valeur des immeubles corses de la succession : les autres abattements — 100 000 € par enfant, notamment — s'appliquent ensuite sur la part de chacun.

La condition qui fait tout : un titre de propriété

L'exonération ne s'applique aux immeubles dont la propriété du défunt n'avait pas été constatée par un acte publié qu'à une condition : que les attestations notariées relatives à ces biens soient publiées dans les vingt-quatre mois du décès. C'est la traduction fiscale d'une réalité corse — des milliers de biens détenus de fait, en indivision, sans acte transcrit depuis des générations. Le délai de deux ans est court quand il faut d'abord reconstituer une chaîne de propriété ; le groupement d'intérêt public créé pour la reconstitution des titres en Corse existe précisément pour cela. Concrètement : titrer de son vivant est ce qui sécurise l'exonération pour ses héritiers.

Ce que l'exonération ne couvre pas

Ce que cela change pour transmettre une entreprise familiale

Une entreprise corse, c'est souvent deux patrimoines : les titres de la société d'exploitation, et les murs — l'atelier, le commerce, l'hôtel — détenus tantôt par la société, tantôt par le dirigeant en nom propre, tantôt par une SCI. Les régimes ne sont pas les mêmes :

D'où un arbitrage que beaucoup de familles ne posent jamais : donner les titres de leur vivant sous pacte Dutreil, pour bénéficier de la réduction de moitié avant 70 ans, et laisser les murs se transmettre par succession pour bénéficier de l'exonération corse — ou, à l'inverse, faire entrer les murs dans une structure pour d'autres raisons, en sachant ce que l'on abandonne. Chaque situation a sa réponse ; ce qui est certain, c'est qu'elle se calcule avant, avec le notaire, et jamais dans l'urgence d'un décès.

La règle des trois dates. Avant 2038 pour l'exonération immobilière ; avant 70 ans pour la réduction de moitié des droits sur une donation de titres sous pacte Dutreil ; et huit ans de conservation des titres après un pacte. Trois horizons qui, mis bout à bout, disent une chose : la transmission d'une entreprise familiale corse se prépare cinq ans avant, pas six mois.

Notre rôle n'est pas de rédiger les actes : c'est celui du notaire. Il est en amont — cartographier ce que possède la famille, dans quelles structures, avec quels titres ; chiffrer les scénarios ; et caler le calendrier fiscal dans un plan de transmission complet, avec la valorisation et la préparation de l'entreprise. C'est le cœur de notre accompagnement à la transmission d'entreprise en Corse.

Source, consultée le 21 septembre 2026 : Code général des impôts, article 1135 bis, version en vigueur depuis le 9 février 2025.

Questions fréquentes

Les successions en Corse sont-elles encore exonérées de droits ?

En partie : pour les successions ouvertes entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2037, les immeubles et droits immobiliers situés en Corse sont exonérés de droits de succession à hauteur de la moitié de leur valeur. L'exonération totale a pris fin le 31 décembre 2012, et le droit commun s'appliquera aux successions ouvertes à compter du 1er janvier 2038.

Un bien non titré en Corse peut-il bénéficier de l'exonération ?

Seulement si les attestations notariées relatives à ce bien sont publiées dans les vingt-quatre mois du décès. Pour un bien détenu de fait, en indivision ou sans acte transcrit, ce délai impose d'engager très vite la reconstitution du titre — ou, mieux, de titrer de son vivant.

L'exonération corse s'applique-t-elle aux parts de SCI ou aux donations ?

Non. Le texte vise les droits de mutation par décès portant sur des immeubles et droits immobiliers détenus directement : une donation entre vifs et des parts de société, même à prépondérance immobilière, relèvent du droit commun. Pour les titres d'une société d'exploitation, c'est le pacte Dutreil qui s'applique.

Besoin d'aller plus loin ? Ce sujet fait partie de notre accompagnement « Entreprendre en Corse ». Premier échange sans engagement, à Ajaccio ou en visio : contactez-nous.

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