audaciti Contact
Entreprendre en Corse

Crédit d'impôt pour investissement en Corse : qui y a droit, sur quoi, jusqu'à quand

20 % du prix d'un équipement, 30 % pour les plus petites entreprises, jusqu'au 31 décembre 2028 : le guide du CIIC, ses exclusions surprenantes et le piège des cinq ans.

Par Robert Menasse ·

Crédit d'impôt pour investissement en Corse : qui y a droit, sur quoi, jusqu'à quand

C'est le dispositif fiscal le plus puissant dont dispose une entreprise corse, et l'un des plus mal connus : le crédit d'impôt pour investissement en Corse (CIIC) rembourse 20 % — parfois 30 % — du prix d'un équipement. Il figure à l'article 244 quater E du Code général des impôts, et il court jusqu'au 31 décembre 2028. Voici ce qu'il couvre vraiment, et les trois pièges qui font perdre le bénéfice.

Qui peut en bénéficier

Les petites et moyennes entreprises au sens européen, relevant d'un régime réel d'imposition, qui exploitent l'investissement en Corse pour les besoins exclusifs d'une activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Deux conditions passent souvent inaperçues :

Les taux : 20 %, et 30 % pour les plus petites

Le taux de droit commun est de 20 % du prix de revient hors taxes. Il passe à 30 % pour les entreprises qui emploient moins de onze salariés et réalisent soit un chiffre d'affaires n'excédant pas 2 millions d'euros, soit un total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros. Ce taux majoré exige en outre que le capital soit entièrement libéré et détenu de façon continue, pour 75 % au moins, par des personnes physiques.

Attention au calcul : le prix de revient retenu est diminué des subventions publiques reçues pour financer l'investissement. Une subvention réduit donc mécaniquement le crédit d'impôt — ce n'est pas un cumul plein.

Ce qui est éligible

Ce qui est exclu — la liste qui surprend

Le texte écarte plusieurs activités. Les plus fréquentes en Corse :

Le piège des cinq ans. Si le bien est cédé, ou cesse d'être affecté à l'activité pour laquelle il a été acquis, dans les cinq ans de son acquisition (ou pendant sa durée normale d'utilisation si elle est plus courte), le crédit d'impôt déjà imputé est repris. Le CIIC n'est donc pas une aide à l'achat : c'est une aide à l'exploitation durable.

Le choix qu'on ne peut pas défaire

L'option pour le CIIC est irrévocable, et elle emporte renonciation à plusieurs régimes d'exonération — dont celui des zones de développement prioritaire, auquel toute la Corse est éligible. Une entreprise qui se crée doit donc arbitrer : exonération de bénéfices au démarrage, ou crédit d'impôt sur ses investissements. La réponse dépend entièrement de votre trajectoire — une activité capitalistique n'a pas le même intérêt qu'une activité de services très rentable dès la première année.

C'est exactement le type d'arbitrage qu'il faut poser avant de créer, chiffres à l'appui, avec votre expert-comptable. Un plan de trésorerie sur trois ans rend le choix évident dans la plupart des cas.

Comment l'obtenir en pratique

Le CIIC s'impute sur l'impôt dû au titre de l'exercice de réalisation de l'investissement. L'excédent non imputé est reportable, et restituable dans les conditions prévues par le texte. La déclaration passe par un formulaire spécifique joint à la liasse fiscale : c'est le travail de votre expert-comptable, à condition qu'il soit prévenu avant l'investissement — pas au moment du bilan.

Le CIIC change l'équation économique d'un projet insulaire : sur un investissement de 100 000 €, il représente 20 000 à 30 000 € de moindre impôt. Encore faut-il que le projet tienne debout sans lui. Nous aidons les dirigeants corses à cadrer cet arbitrage dans le cadre d'un accompagnement à la création d'entreprise ou d'un plan stratégique — et à vérifier, avec l'orienteur d'aides, ce à quoi vous avez droit par ailleurs.

Questions fréquentes

Quel est le taux du crédit d'impôt pour investissement en Corse ?

Il est de 20 % du prix de revient hors taxes de l'investissement, et porté à 30 % pour les entreprises employant moins de onze salariés dont le chiffre d'affaires ou le total de bilan n'excède pas 2 millions d'euros. Le taux majoré suppose en outre un capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Jusqu'à quand le crédit d'impôt corse s'applique-t-il ?

Aux investissements réalisés jusqu'au 31 décembre 2028, selon l'article 244 quater E du Code général des impôts. Le bien doit ensuite rester affecté à l'activité pendant cinq ans, faute de quoi le crédit d'impôt déjà imputé est repris.

La location de meublés de tourisme ouvre-t-elle droit au crédit d'impôt corse ?

Non : la gestion et la location de meublés de tourisme situés en Corse sont expressément exclues du dispositif. Seuls échappent à cette exclusion les établissements de tourisme gérés par un exploitant unique regroupant, en un ensemble homogène, des locaux collectifs et des logements meublés — sans condition de nombre de lits.

Besoin d'aller plus loin ? Ce sujet fait partie de notre accompagnement « Entreprendre en Corse ». Premier échange sans engagement, à Ajaccio ou en visio : contactez-nous.

Cet article est libre de réutilisation, y compris commerciale, sous licence CC BY 4.0 — citez « Audaciti » avec un lien vers cette page. Portée exacte.

Partager : LinkedIn Facebook E-mail

À lire aussi

Un projet, une question, une transmission à préparer ?

Premier échange sans engagement, à Ajaccio ou en visio.

Prendre contact